Fils du feu – Guy Boley

Un premier roman touchant, qui marque par une écriture travaillée, poétique, et très visuelle. Guy Boley utilise la voix d’un enfant pour décrire la vie d’une famille provinciale dans les années 50-60, frappée par la mort de l’un de ses enfants, le tout sur toile de fond de mutation de la société, d’une France qui passe d’une vie rurale de labeur à une vie citadine de consommation. On suit à la fois l’évolution de la famille et celle de l’époque.
La lumière est très présente au début de ce livre. A travers le feu de la forge au début, et l’admiration que l’enfant porte à son père forgeron, ce Vulcain qui dompte le feu. Via l’assurance de Jacky également, employé du père, et première source d’émoi pour l’enfant. Mais aussi à travers la force des femmes. C’est la relation hypnotique entre le fils et le père qui frappe les esprits dans cette première partie.
Cette lumière disparaît tout à coup, avec la mort du petit frère. Le livre prend alors une autre dimension, où la violence frappe comme le fer battu sur la forge. Cette mort déclenche l’éclatement de la famille : la communication est rompue. Le père sombre dans l’alcool, devient violent avec sa femme, et déclenche en réaction la violence de Jacky à son encontre. La mère tombe dans une douce folie sur fond de déni de la disparition de son fils, et la fille aînée quitte la maison. Seule la grand-mère reste stoïque.
Comment l’enfant peut-il alors se construire? Comment trouver sa place à côté d’une mère qui continue à vivre comme si son fils disparu était toujours présent. La relation entre le fils et la mère est très touchante dans cette partie, le fils essayant de protéger une mère anéantie, et cherchant désespérément son regard. Comment se construire parmi des adultes qui se déchirent ?
Alors que la vie de la famille s’est figée, la société change et se tourne vers une société de consommation : une société moins laborieuse mais sans rêves. La forge ferme, et le père devient vendeur de fer forgé et autres articles dérivés. Le narrateur trouvera pourtant son salut dans cette société, tout d’abord en partant étudier loin de sa famille, puis surtout dans l’art et plus particulièrement la peinture : une sorte de retour aux sources, où la lumière et la paix réapparaîssent, et où il pourra être lui-même.
Un livre très délicat sur l’amour, la résilience et la relation à autrui, empreint à la fois de force et de douceur, de couleur, et toujours beaucoup d’émotion. La couverture du livre traduit parfaitement cette atmosphère.

Merci à Netgalley pour cette lecture.

leatouchbook

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